Ce billet se base sur l’étude de Torloting. P (2006). Selon lui, cette vedette des réseaux sociaux au début des années 2000 était généraliste et  implicite. C’est une plate-forme multimédia à part entière. En juillet 2005, les deux fondateurs, Tom Anderson et Chris DeWolfe, l’ont vendu à Rupert Murdoch, le directeur et bâtisseur du groupe News Corp (même groupe que la Fox) pour 580 millions de dollars. Après ce rachat, ce réseau s’associait à Interscope Records pour créer son propre label artistique. Il s’est entouré de NBC (le réseau de télévision) et Amazon (pour la vente et la promotion d’albums musicaux). L’un des derniers partenariats était celui avec Google proposant, pour 900 millions de dollars, d’intégrer le moteur de recherche, parmi d’autres services propriétaires de Fox Interactive Media (NewsCorp), dans son site ainsi que ces annonces publicitaires Google Adsense sur les différentes pages du site.

Les caractéristiques de MySpace :

–      Une possibilité de personnalisation de page avec son propre blogue, une gestion de courriels, une messagerie instantanée, un blocage des personnes, un lecteur audio, une gestion de petites annonces, une mise en relation des professionnels (partenariats, emplois…) à travers MySpace Careers

–      Une stratégie de spécialisation artistique et musicale non marquée au début (avec offre de réservation, d’acquisition de places de spectacle et du téléchargement légal de musique).

–      Une exposition pour les artistes connus ou inconnus.

–      « La majorité des revenus de MySpace se réalise via la publicité ou les partenariats (contenus multimédias et publicitaires avec Google par exemple). MySpace Records a déjà produit une vingtaine d’artistes et sorti une compilation dont elle tire les bénéfices ».

–      Une Intelligence Collective de communauté à travers la coopération avec un forum, une collaboration d’échange entre les membres (avec les commentaires et les liens d’amitié), la communication (par la diffusion d’informations (comme la presse, la radio, la télévision…) et le partage des fichiers (photos ou vidéos).

Les points faibles de l’ex numéro 1 :

–      Des fonctionnalités basiques et un design pas très plaisant. « Une interface peu convenable et austère ».

–      Une culture étasunienne très prononcée.

–      Une application gratuite et singulièrement destinée aux adolescents (la plupart ne dépassent pas les 24 ans). « Il n’a pas la côte envers les parents des jeunes utilisateurs du service. Quelques histoires abusives (rencontres réelles) se sont mal déroulées. Ensuite, le temps passé par les adolescents sur le service est excessif selon les parents. Ainsi, MySpace commence à devoir faire face à des plaintes de plus en plus nombreuses ». Combien de ces utilisateurs auront les moyens d’accéder à la vidéo à la demande ? Ce problème de cible est présent à tous les niveaux ».

–      Une faible stratégie pour contrer son principal concurrent FaceBook.

–      « Un phénomène inquiétant, mais relativement rare encore arrive sur les gros réseaux sociaux à forte audience. MySpace a été victime d’une bannière publicitaire infectée. En effet, la publicité pour le site «deckoutyourdeck» diffusée à travers les pages personnelles des utilisateurs de MySpace était directement liée à un troyen (virus informatique). MySpace génère 1 milliard de pages vues par jour. Il est facilement imaginable le nombre de personnes infectées ».

–      « Enfin, certainement, l’une des dérives les plus dangereuses est la présence des «cyberprédateurs» sexuels. On note différentes agressions physiques (sur mineur) réalisées lors d’un rendez-vous entre membres de MySpace. En effet, «L’absence de vérification de l’âge est un des défauts majeurs» de MySpace, a déclaré Richard Blumenthal, ministre de la Justice du Connecticut, disant parler au nom de 20 homologues d’autres États réclamant plus de contrôle. Effectivement, bon nombre d’utilisateurs ont 99 ans…Les dirigeants ont néanmoins décidé de mettre en place plusieurs mesures, dont l’interdiction pour les majeurs (18 ans ou plus) de chercher à être listés comme «amis» de jeunes de 14-15 ans, à moins de connaître déjà leur adresse courriel ou leur nom complet. Certaines critiques ont souligné le fait qu’un adulte pouvait facilement mentir sur son âge pour contourner ces mesures et ainsi, malgré tout, avoir accès à la page personnelle de n’importe quel membre, ou au journal intime virtuel d’un adolescent ».

–      « D’autres dérives, morbides dans un sens et plutôt solidaire dans l’autre, sont la création de sites recensant les morts de MySpace comme par exemple MyDeathSpace. Morbides dans le sens où il s’agit d’avis mortuaires de jeunes adolescents en général et solidaire dans le sens où leurs pages personnelles se transforment en mémorial et livre d’or »

« Ensuite une succession d’erreurs stratégiques ont accéléré la chute de Myspace. Mais surtout c’est la vitesse d’évolution de la technologie, l’instabilité du comportement des utilisateurs, et la perception du public forment un mélange instable, surtout s’il s’ajoute à l’arrogance des dirigeants d’une plateforme qui attire des millions d’utilisateurs » (2).

NewsCorp Unloads MySpace at Huge Loss :

(1)- Torloting, Philippe. 2006. Enjeux et perspectives des réseaux sociaux. Institut Supérieur du Commerce de Paris. Marketing, Management et Technologies de l’information.

(2)- http://www.atlantico.fr/pepites/grandeur-decadence-reseau-social-myspace-news-corp-130110.html

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